Podcast E5
Bonjour et bienvenue sur votre blog Do U Wonder?
Nous avons terminé la semaine dernière le tout premier livre de la Bible, la Genèse, couvert par les deux premières périodes de la grande aventure de Dieu :
1- Le monde des origines, de couleur turquoise, couleur de la Terre vue depuis l’espace, pour nous rappeler la Création mais aussi la Chute, le Déluge et la Tour de Babel ; avec Adam et Eve, Noé et Sem qui veut dire “un nom”, leur descendance voulant se faire un nom en se passant de Dieu puis
2- Les Patriarches, de couleur bordeaux qui représente le sang de l’alliance avec la grande promesse de Dieu à Abraham : une nation, un nom et une bénédiction pour toutes les nations. Malgré les erreurs, les conflits et les difficultés d’Abraham, Isaac, Jacob devenu le père des 12 tribus d’Israël et Joseph, Dieu tient sa promesse.
La famille de Jacob est devenue nombreuse. Elle porte désormais le nom d’Israël et, grâce à Joseph, elle a déjà été une bénédiction pour de nombreux peuples. Mais la promesse n’est pas encore pleinement accomplie : cette famille se trouve en Égypte, loin de la Terre promise. Comment Dieu va-t-il transformer cette famille devenue esclave en un peuple libre, capable de rejoindre la Terre qu’il lui a promise ?
C’est ce que nous allons découvrir aujourd’hui dans le livre de l’Exode !
I- Prions
Commençons par cette prière :
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.
Le plan de Dieu s’est déployé au fil de l’histoire pour nous aider à comprendre le sens de notre propre histoire et à y répondre librement.
Dans le monde des origines, tu as créé le ciel et la terre et tu as mis Adam et Ève à l’épreuve dans le jardin d’Éden :
Seigneur, aide-nous à choisir la vie que tu nous offres.
Au temps des Patriarches, tu as appelé Abraham et lui as promis une nation, un nom et une bénédiction pour toutes les nations :
Seigneur, aide-nous à espérer en tes promesses.
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.
II- Approfondissons
1. De la famille au peuple esclave
Exode 1–2

Israël en Egypte (Edward Poynter)
Avant de commencer la lecture de ce deuxième livre de la Bible, je vous propose de relire ensemble un verset de la Genèse 15, 13 :
13 Dieu dit à Abram : « Sache-le bien : tes descendants seront des immigrés dans un pays qui ne leur appartient pas. On en fera des esclaves, on les opprimera pendant quatre cents ans.
Dieu avait donc annoncé à Abraham que sa descendance connaîtrait l’oppression avant d’être délivrée. Plusieurs générations se sont écoulées entre l’arrivée de la famille de Jacob en Égypte et la libération du peuple.
Au début du livre de l’Exode, nous apprenons qu’un nouveau roi est arrivé au pouvoir en Égypte. Ce nouveau Pharaon ne tient plus compte de ce que Joseph avait accompli pour l’Égypte. Voyant que les Israélites se multiplient, il craint qu’ils ne deviennent trop puissants. Il cherche alors à limiter leurs naissances et finit par les réduire en esclavage. C’est dans ce contexte que notre nouveau personnage principal apparaît : Moïse !

La Découverte de Moïse (Giovanni Francesco Romanelli)
Vous connaissez certainement déjà son histoire. Alors que Pharaon a ordonné la mort des garçons hébreux nouveau-nés, la mère de Moïse le dépose dans une corbeille sur le Nil. Il est recueilli par la fille de Pharaon et grandit à la cour d’Égypte.
Ce récit nous rappelle celui de Noé : dans les deux histoires, une arche ou une corbeille protège une vie au milieu des eaux, alors que la mort menace. C’est un bel écho entre deux récits de la Genèse et de l’Exode. Le récit biblique associe aussi le nom de Moïse au fait qu’il a été « tiré des eaux » (Ex 2,10). Celui qui a été sauvé des eaux sera appelé par Dieu pour faire sortir son peuple d’Égypte.
Mais avant d’accomplir cette mission, Moïse devra lui-même traverser des épreuves.
Nous pouvons découper la vie de Moïse en trois sets de 40 ans :
- 40 ans en Egypte
- 40 ans en Madiane
- 40 ans dans le désert
Après avoir fui l’Égypte, il s’installe au pays de Madiane, où il devient berger. C’est là que Dieu va l’appeler.
2. Dieu appelle Moïse et révèle son nom
Exode 3–6
Au chapitre 3, alors que Moïse garde le troupeau, Dieu se manifeste à lui dans un buisson en feu qui ne se consume pas. C’est ce qu’on appelle une théophanie : une manifestation visible de Dieu. Dieu lui confie alors une mission extraordinaire : retourner en Égypte pour faire sortir les Israélites de l’esclavage et les conduire vers la Terre promise. Mais Moïse hésite. Il ne se sent pas capable d’accomplir une telle mission et demande à Dieu quel nom il devra donner aux Israélites lorsqu’ils lui demanderont qui l’envoie. Dieu lui répond :
14 « Je suis qui je suis. Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : “Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : JE-SUIS”. »
C’est un moment fondamental dans l’histoire de l’Alliance. Dieu ne se présente pas simplement comme une divinité parmi d’autres. Il révèle son nom à Moïse et se fait connaître à son peuple d’une manière particulière. Dans le texte hébreu, le nom divin est également associé au tétragramme YHWH. Dans la tradition juive, on évite traditionnellement de prononcer ce nom et on lui substitue notamment « Adonaï », qui signifie « Seigneur », lors de la lecture. Mais Dieu ne donne pas seulement son nom à Moïse : il lui promet aussi sa présence. Moïse ne partira donc pas accomplir cette mission tout seul. Dieu sera avec lui. Et c’est bien là le cœur de cette histoire : ce n’est pas Moïse qui va libérer Israël par sa seule force, mais Dieu qui va agir à travers lui.
3. Pharaon face à Dieu
Exode 7–11
Moïse et son frère Aaron se présentent devant Pharaon pour lui demander de laisser partir le peuple d’Israël. Mais Pharaon refuse. Le conflit va alors s’intensifier à travers les dix plaies d’Égypte : l’eau du Nil changée en sang, les grenouilles, les moustiques, la vermine, la peste du bétail, les ulcères, la grêle, les sauterelles, les ténèbres et, enfin, la mort des premiers-nés. Ces événements montrent que Pharaon ne détient pas le pouvoir absolu qu’il prétend avoir. Le Dieu d’Israël manifeste sa souveraineté face au pouvoir égyptien et à ses divinités.
Qui endurcit le cœur de Pharaon ?
Une question intéressante apparaît tout au long du récit : qui endurcit le cœur de Pharaon ? Pharaon lui-même ou Dieu ?
Le livre de l’Exode nous dit à dix reprises que le pharaon endurcit lui-même son cœur, puis à dix autres reprises que c’est Dieu qui endurcit le cœur du pharaon. Qu’en est-il vraiment ?
Le Livre des Morts égyptien nous apprend que les Égyptiens croyaient qu’à la mort, le cœur de chacun était pesé sur une balance face à une plume symbolisant la vérité et la justice. Tout cœur alourdi par le péché était trop « lourd » (traduction littérale de l’un des mots utilisés ici pour « endurci ») pour rester sur la balance et être admis dans l’au-delà. En fin de compte, il n’est pas question ici de savoir si c’est Dieu ou l’homme qui est responsable des cœurs alourdis ; elle traite de la manière dont différents cœurs répondent à sa volonté.
Les dix plaies et les divinités égyptiennes
Il est intéressant de savoir que chaque plaie peut être associée à un des dieux égyptiens, une façon pour Dieu de montrer qu’il est plus grand que tous les dieux. Vous trouverez ci-dessous un tableau récapitulatif :
| Nom de la plaie | Dieu égyptien associé |
|---|---|
| 1. Le Nil changé en sang | Hâpy, dieu du Nil |
| 2. Les grenouilles | Héqet, déesse associée à la fertilité et à la naissance |
| 3. Les moustiques | Geb, dieu de la terre |
| 4. La vermine | Shu, dieu de l’air et du vent |
| 5. La peste du bétail | Apis, taureau sacré |
| 6. Les ulcères | Isis, dieu de la guérison |
| 7. La grêle | Nout, déesse du ciel |
| 8. Les sauterelles | Seth, dieu des désastres |
| 9. Les ténèbres | Râ, dieu solaire |
| 10. La mort des premiers-nés | Pharaon, fils du dieu Râ |
Mais avant cette libération, il reste un dernier événement décisif : la Pâque.
4. La Pâque et la libération
Exode 12–14
Pharaon refuse toujours de laisser partir Israël, le peuple que Dieu appelle son fils premier-né. La dixième plaie va toucher les premiers-nés d’Égypte. Mais Dieu donne à Moïse des instructions précises afin que les familles israélites soient épargnées. Chaque famille doit prendre un agneau sans défaut, le mettre à part, puis l’immoler. Son sang doit être appliqué sur les deux montants et le linteau de la porte de la maison. Dieu explique au verset 13 du chapitre 12 :
13 Le sang sera pour vous un signe, sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang, et je passerai : vous ne serez pas atteints par le fléau dont je frapperai le pays d’Égypte.
En anglais, la Pâque se dit Passover et cette traduction est très parlant : when I see the blood, i will pass over you.
Dieu va alors passer au-dessus du pays d’Egypte qui ne veut pas laisser partir son premier-né et grâce au sacrifice de l’agneau et aux marques de sang sur les portes des maisons d’Israël, ils seront épargnés de la dixième et dernière plaie d’Egypte.
La nuit venue, les premiers-nés d’Égypte meurent, tandis que les familles israélites sont épargnées. Pharaon finit par accepter de laisser partir le peuple. Après tant d’années d’esclavage, Israël peut enfin quitter l’Égypte ! Mais la libération n’est pas encore terminée. Pharaon change d’avis et se lance à la poursuite des Israélites, qui se retrouvent face à la mer.

Le passage de la mer Rouge (Hans Jordaens III)
C’est alors que Dieu ouvre un chemin au milieu des eaux. Le peuple traverse la mer Rouge à pied sec, tandis que l’armée égyptienne est engloutie. Le peuple est désormais libre. La mer Rouge devient ainsi un signe majeur de la délivrance : Dieu ne s’est pas contenté de promettre la liberté à son peuple, il l’a conduit hors de l’esclavage. Et ce passage nous permet de comprendre un lien fondamental avec le Nouveau Testament. Dans la lecture chrétienne, l’agneau pascal annonce Jésus-Christ, que Jean-Baptiste désigne comme « l’Agneau de Dieu » (Jn 1,29). Le sang de l’agneau protège les Israélites et accompagne leur délivrance ; le Christ, lui, donne sa vie pour nous sauver du péché et nous ouvrir le chemin de la vie éternelle. La Pâque d’Israël devient ainsi une clé pour comprendre la Pâque du Christ.
5. Dieu nourrit son peuple
Exode 15–16
Le peuple est sorti d’Égypte, mais son voyage vers la Terre promise ne fait que commencer. Dans le désert, les Israélites ont faim et soif. Ils commencent à se plaindre et à regretter parfois le pays qu’ils viennent de quitter. Dieu ne les abandonne pourtant pas. Il leur donne de l’eau et leur fournit de la nourriture : des cailles le soir et de la manne le matin. Mais qu’est-ce que la manne ? Lorsque les Israélites la découvrent, ils se demandent ce que c’est. Le nom même de la manne est associé à cette question.
Le livre de l’Exode nous la décrit ainsi au verset 31 du chapitre 16 :
31 La maison d’Israël donna à ce pain le nom de « manne ». C’était comme de la graine de coriandre, de couleur blanche, au goût de beignet au miel.
Dieu nourrit donc son peuple jour après jour, au cœur même du désert. La manne deviendra un autre lien important avec Jésus. Dans l’Évangile selon saint Jean, Jésus se présente comme le « Pain de vie » (Jn 6,35). La manne nourrissait les Israélites pendant leur marche vers la Terre promise. Jésus se présente comme celui qui donne la vie véritable, et cette parole ouvre une réflexion sur le don de l’Eucharistie, où le Christ se donne à nous comme nourriture spirituelle.
Le désert : un temps de préparation
Le peuple d’Israël va passer quarante ans dans le désert avant d’entrer en Terre promise. Ce temps sera celui de l’épreuve, de l’apprentissage de la confiance et de la fidélité de Dieu.
Ce nombre nous rappelle aussi Jésus, qui passe quarante jours dans le désert avant de commencer sa vie publique (Mt 4,1-2). Là où Israël a parfois succombé à la tentation au cours de ses quarante années au désert, Jésus demeure fidèle à son Père.
Les deux récits ne sont pas identiques, mais leur rapprochement nous aide à mieux comprendre la mission de Jésus : il vient accomplir pleinement ce que le peuple de Dieu était appelé à vivre. La Bible se révèle ainsi comme une grande histoire dans laquelle les événements se répondent et nous préparent progressivement à comprendre qui est Jésus.
III- Appliquons
Dans cet épisode 5, nous avons vu Dieu se souvenir de son alliance, appeler Moïse, libérer Israël de l’esclavage et nourrir son peuple au désert. La promesse faite à Abraham continue de s’accomplir : sa descendance est devenue un peuple, et Dieu le conduit vers la Terre promise. Mais ce peuple doit encore apprendre à lui faire confiance. Nous poursuivrons notre aventure dans le désert dans quelques semaines, après les vacances, pour vous laisser le temps de lire et de réfléchir à ces événements.
En attendant, je vous propose cette question de réflexion :
Dieu révèle à Moïse son nom : « JE SUIS ». Plus tard, Jésus se présentera comme le Pain de vie, la Lumière du monde et le Bon Berger. Ces titres ne sont pas des traductions littérales du nom divin, mais des paroles par lesquelles Jésus nous révèle qui il est.
Prenez un moment pour méditer sur ces paroles : que nous révèlent-elles de Dieu ? Et comment changent-elles notre manière de vivre avec lui ?
Je vous souhaite de très belles vacances, une bonne lecture et vous dis à bientôt sur votre blog Do U Wonder?
IV- Partageons






