Podcast E4

Bonjour et bienvenue sur votre blog Do U Wonder?

Nous continuons aujourd’hui notre aventure Et si nous redécouvrions la Bible ? en terminant le tout premier livre, la Genèse.

Nous sommes toujours dans la période des Patriarches, représentée par la couleur bordeaux, couleur qui nous rappelle le sang de l’alliance. La semaine dernière, nous avons découvert la grande promesse faite par Dieu à Abraham, une promesse en trois parties :

1. Une nation2. Un nom3. Une bénédiction

Aujourd’hui, nous allons poursuivre cette histoire avec Jacob et Joseph et découvrir comment, malgré les erreurs, les conflits et les épreuves, Dieu reste fidèle à sa promesse.

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.

Le plan de Dieu s’est déployé au fil de l’histoire pour nous aider à comprendre le sens de notre propre histoire et à y répondre librement.

Dans le monde des origines, tu as créé le ciel et la terre et tu as mis Adam et Ève à l’épreuve dans le jardin d’Éden :

Seigneur, aide-nous à choisir la vie que tu nous offres.

Au temps des Patriarches, tu as appelé Abraham et lui as promis une nation, un nom et une bénédiction pour toutes les nations :

Seigneur, aide-nous à espérer en tes promesses.

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.

Il est important d’avoir en tête lorsque nous lisons la Bible et particulièrement l’Ancien Testament que la Bible est christocentrique. L’Ancien Testament prépare et annonce le Christ, et nous découvrirons au fil des épisodes comment les promesses faites par Dieu trouvent leur accomplissement en Jésus.

Nous avons terminé l’épisode 3 au chapitre 22 de la Genèse avec le sacrifice d’Isaac, le fils unique d’Abraham, preuve de la foi et de la confiance absolue d’Abraham en Dieu.

Cet épisode 4 commence au chapitre 25 par la naissance des enfants d’Isaac, des jumeaux appelés Jacob et Esaü.

Or, pour mieux comprendre les chapitres à venir, il faut savoir que les anciennes lois successorales accordaient des droits particuliers au fils aîné. À la mort d’un homme, son fils aîné recevait une double part de l’héritage et prenait la tête de la famille, assumant à la fois les fonctions de prêtre et de roi pour le cercle familial élargi.

Ces droits et responsabilités étaient sacro-saints. Ils ne pouvaient être cédés ou transférés à un autre qu’avec le consentement du fils ou sur ordre du père. Ce droit d’aînesse (« bekhorah » en hébreu) s’accompagnait généralement d’une bénédiction (« berakhah »). Dans notre récit, cette bénédiction porte en elle les promesses de l’alliance du Seigneur.

Ésaü est donc l’aîné. Mais Ésaü va vendre ce droit d’aînesse à son frère Jacob pour un plat de lentilles.

Puis, deux chapitres plus loin, nous apprenons que Jacob, qui a récupéré le droit d’aînesse de son frère, va tout faire, avec l’aide de sa maman, pour récupérer la bénédiction que son père s’apprête à donner à son grand frère.

Mais Esaü va se rendre compte que Jacob vient de lui voler la bénédiction, obligeant Jacob à s’enfuir. Et c’est justement sur ce chemin d’exil que quelque chose de très important va se produire.

Au chapitre 28, alors que Jacob se rend au nord, à Harane, pour vivre auprès de la famille de sa mère, il s’endormit en chemin :

12 Il eut un songe : voici qu’une échelle était dressée sur la terre, son sommet touchait le ciel, et des anges de Dieu montaient et descendaient.

13 Le Seigneur se tenait près de lui. Il dit : « Je suis le Seigneur, le Dieu d’Abraham ton père, le Dieu d’Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je te la donne, à toi et à tes descendants.

14 Tes descendants seront nombreux comme la poussière du sol, vous vous répandrez à l’orient et à l’occident, au nord et au midi ; en toi et en ta descendance seront bénies toutes les familles de la terre.

15 Voici que je suis avec toi ; je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai sur cette terre ; car je ne t’abandonnerai pas avant d’avoir accompli ce que je t’ai dit. »

Vous reconnaissez ici certainement la promesse faite à Abraham ! Jacob vient de tromper son père et son frère pour obtenir la bénédiction, et pourtant Dieu vient lui-même confirmer cette bénédiction. Cela nous apprend quelque chose d’important : la promesse de Dieu ne dépend pas de la perfection de celui qu’il appelle.

Et ce passage fait également écho à la tour de Babel que nous avons étudiée dans l’épisode 2. À Babel, les hommes construisent une tour pour essayer d’atteindre le ciel par leurs propres moyens. À Béthel, au contraire, c’est Dieu qui vient à la rencontre de Jacob. Et Jésus reprendra précisément cette image dans l’Évangile selon saint Jean :

« Amen, amen, je vous le dis : vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme. » (Jean 1,51)

Mais Jacob a encore beaucoup à apprendre. Après de nombreuses années passées auprès de son oncle Laban, après avoir lui-même été trompé par celui qu’il servait, Jacob reprend le chemin du retour. Il doit alors affronter une dernière fois son passé : son frère Ésaü. C’est dans ce contexte qu’au chapitre 32 :

25 Jacob resta seul. Or, quelqu’un lutta avec lui jusqu’au lever de l’aurore.

26 L’homme, voyant qu’il ne pouvait rien contre lui, le frappa au creux de la hanche, et la hanche de Jacob se démit pendant ce combat.

27 L’homme dit : « Lâche-moi, car l’aurore s’est levée. » Jacob répondit : « Je ne te lâcherai que si tu me bénis. »

28 L’homme demanda : « Quel est ton nom ? » Il répondit : « Jacob. »

29 Il reprit : « Ton nom ne sera plus Jacob, mais Israël (c’est-à-dire : Dieu lutte), parce que tu as lutté avec Dieu et avec des hommes, et tu l’as emporté. »

30 Jacob demanda : « Fais-moi connaître ton nom, je t’en prie. » Mais il répondit : « Pourquoi me demandes-tu mon nom ? » Et là il le bénit.

31 Jacob appela ce lieu Penouël (c’est-à-dire : Face de Dieu), « car, disait-il, j’ai vu Dieu face à face, et j’ai eu la vie sauve. »

32 Au lever du soleil, il passa le torrent à Penouël. Il resta boiteux de la hanche.

33 C’est pourquoi, aujourd’hui encore, les fils d’Israël ne mangent pas le muscle qui est au creux de la hanche, car c’est là que Jacob avait été touché.

Jacob, dont le nom évoque « celui qui saisit », reçoit un nouveau nom : Israël, « celui qui lutte avec Dieu ». Il n’est plus seulement celui qui cherche à obtenir la bénédiction par ses propres moyens. Il apprend à s’attacher à Dieu et à recevoir de lui la bénédiction. Et cette transformation est essentielle pour la suite de notre histoire : Jacob, devenu Israël, donnera son nom au peuple d’Israël.

Jacob a maintenant douze fils, qui deviendront les pères des douze tribus d’Israël.

Voici la liste des noms des douze fils d’Israël, dans l’ordre de leur naissance, répartis selon leur mère :

Léa,
1ère femme
Bilha,
servante de Rachel
Zilpa,
servante de Léa
Rachel,
2ème femme
1. Roubène5. Dane7. Gad11. Joseph
2. Siméon6. Nephtali8. Asher12. Benjamin
3. Lévi
4. Juda (lignée de Jésus)
9. Issakar
10. Zabulon

Ce tableau est important, car il nous permet de comprendre pourquoi Joseph, le 11ᵉ fils de Jacob/Israël, occupe une place particulière dans le cœur de son père. Il est le premier-né de Rachel, l’épouse que Jacob aime particulièrement. Cette préférence va nourrir la jalousie de ses frères et jouer un rôle important dans la suite de l’histoire.

Joseph reçoit des songes qui annoncent qu’un jour ses frères se prosterneront devant lui. Mais les événements prennent une tout autre direction.

Ses frères, jaloux, le vendent comme esclave (idée de son frère Juda dont le nom est volontairement en gras dans le tableau, nous y reviendrons plus tard). Joseph est emmené en Égypte. Il est ensuite accusé injustement et jeté en prison. Tout semble donc aller à l’encontre de la promesse. Et pourtant, Joseph reste fidèle à Dieu. Il ne cherche pas à se venger. Il ne cherche pas à prendre par lui-même ce que Dieu lui a promis.

Finalement, après des années d’épreuves, Joseph devient le second de Pharaon, à une époque où l’Égypte est l’une des grandes puissances du monde antique. Pharaon lui confie l’autorité sur tout son royaume et sur sa maison. Cette mission de Joseph peut nous faire penser à celle que Jésus confiera plus tard à Pierre appelé « al-bayit », en lui remettant les clés du Royaume. Et grâce à Joseph, de nombreuses personnes seront sauvées de la famine. Lorsque ses frères se retrouvent finalement devant lui, ils ont peur de ce qu’il pourrait leur faire. Mais Joseph leur répond :

20 Vous aviez voulu me faire du mal, Dieu a voulu le changer en bien, afin d’accomplir ce qui se réalise aujourd’hui : préserver la vie d’un peuple nombreux. (Gn 50,20)

Ce verset résume merveilleusement l’histoire de Joseph. Joseph ne dit pas que le mal était bon. Il affirme que Dieu est assez puissant pour transformer même le mal en chemin de salut. Et nous retrouvons ici la promesse faite à Abraham : grâce à sa descendance, une bénédiction devait parvenir à toutes les nations.

Revenons un instant sur le tableau des douze fils d’Israël. Nous avons compris pourquoi Joseph, en tant que premier-né de l’épouse bien-aimée de Jacob, occupe une place particulière dans le cœur de son père. Mais une question peut alors nous venir à l’esprit : Pourquoi la Genèse consacre-t-elle près d’un quart de son récit à Joseph, alors que ce n’est pas de lui que descendra la lignée messianique ?

La réponse est que Joseph préfigure Jésus.

Joseph est le fils bien-aimé de son père. Il est rejeté et trahi par ses frères, vendu pour de l’argent, injustement accusé et finalement élevé à une position d’autorité. Et grâce à lui, Dieu sauve de nombreuses personnes de la famine. Joseph pardonne également à ses frères et les réconcilie avec leur famille.

Ces éléments nous font penser à Jésus, le Fils bien-aimé du Père, rejeté et livré pour de l’argent, condamné injustement, puis élevé dans la gloire. Par sa mort et sa résurrection, Jésus apporte le salut et réconcilie l’humanité avec Dieu.

Joseph n’est pas Jésus, mais son histoire prépare notre compréhension du Christ. C’est ce que l’on appelle la lecture typologique de l’Ancien Testament.

Nous arrivons ainsi à la fin du livre de la Genèse. Et regardez le chemin parcouru !

Au début de la Genèse, nous découvrons Adam et Ève, un homme et une femme dans le jardin d’Éden. Puis viennent Noé et sa famille, sauvés des eaux du Déluge. Avec Abraham, Dieu commence à accomplir sa grande promesse. Son fils Isaac aura des jumeaux, Jacob et Ésaü. Jacob, devenu Israël, aura douze fils, dont Joseph, vendu par ses frères et devenu gouverneur en Égypte.

À la fin de la Genèse, la famille de Jacob et de ses douze fils est installée en Égypte. Elle est devenue le berceau des douze tribus d’Israël, parmi lesquelles la tribu de Juda, dont descendra la lignée de David et, finalement, Jésus !

La famille commence à devenir une nation.

Le nom d’Israël est désormais donné à Jacob et à sa descendance.

Et grâce à Joseph, cette famille est déjà devenue une bénédiction pour les nations.

Mais la promesse n’est pas encore pleinement accomplie : cette famille nombreuse se trouve en Égypte. Comment va-t-elle devenir une véritable nation dans la Terre que Dieu lui a promise ?

C’est précisément ce que nous allons découvrir dans le deuxième livre de la Bible : l’Exode. Je vous donne donc deux mots-clés pour la prochaine période : rouge, pour la mer Rouge, et Égypte !

Mais avant de nous retrouver la semaine prochaine, je vous propose cette question de réflexion :

Les circonstances de votre vie menacent-elles de détourner votre regard de Dieu et de ses promesses ? Vous sentez-vous impuissant(e) ou abandonné(e) par Dieu ? La culpabilité vous asservit-elle ? Que pouvez-vous retenir de l’histoire de Joseph qui pourrait vous aider ?

Je vous souhaite une très belle semaine, une bonne lecture et vous dis à bientôt sur votre blog Do U Wonder?

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