Les anciens ou les piliers de paroisse se souviennent peut-être de ce chant de Scouarnec et Akepsimas dont je ne résiste pas à vous proposer la version audio :

Au-delà de la musique, quelque chose de très vrai est dit dans ce refrain. Nous avons sans doute entendu ou lu de nombreuses catéchèses sur l’espérance en ce jubilé. Mais les textes d’aujourd’hui nous en parlent, alors mettons-nous à l’écoute et tentons encore et encore de mieux la comprendre pour mieux répondre à l’appel de la grâce.

Une prière : « comme notre espoir est en toi »

A la suite de la première lecture, le psaume nous exprime une vérité de foi sous la forme d’un poème, d’une prière. Comme dans la liturgie ou dans nos prières mentales, les mots qui sont choisis expriment quelque chose de notre mouvement intérieur, mais ils le conduisent aussi. Ici, le psaume est à la fois tourné vers le passé, rendant grâce à Dieu pour ce qu’il a fait, et tourné vers l’avenir, dans l’assurance que le Seigneur est – sera un bouclier contre le malheur.

Le mot espoir revient deux fois. Une fois comme proclamation de foi en la fidélité de Dieu et l’autre comme une prière. On pourrait le traduire ainsi en langage courant : Seigneur, nous croyons que tu soutiens ceux qui croient en toi, alors nous croyons en toi, donc soutiens-nous !

Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,

(…) Que ton amour, Seigneur, soit sur nous
comme notre espoir est en toi !

Ainsi l’espoir (ou l’espérance) est la présence fidèle et protectrice de Dieu. Elle est le mouvement de prendre appui sur Dieu pour se lever, pour faire un pas de plus sur le chemin. Nous en avons tous fait l’expérience : alors qu’une difficulté survient, une souffrance ou une épreuve, quelque chose vient nous tourner vers la vie, non pas de l’extérieur, mais de notre âme. C’est ce qui, littéralement, nous anime !

Cette source intérieur a des ressorts psychologiques, bien sûr, car nous sommes composés, non pas de différentes parties connectées, mais de différentes « matières ». Lorsque les ressorts psychologiques sont malades, il peut arriver que nous ne parvenions pas à retrouver cette source. On pourra alors parler de dépression, mais la personne malade a-t-elle pour autant perdu l’espérance ?

En tant que don de Dieu, l’espérance est comme greffée en nous. Elle vient, comme une racine divine plantée dans la Vie, nous communiquer de l’intérieur ce même souffle qui présida à la Création. Pendant cette journée, prenons un temps pour nous laisser abreuver par elle.

Une clé : l’espérance dans la lettre aux hébreux

La première phrase de la deuxième lecture est une clé pour comprendre l’espérance. Elle est profondément liée à la foi qui est le « déjà-là » de la vie en Dieu, mais un déjà-là en mouvement, comme on le voit dans la vie du père des croyants « Abraham partit ».

Nous avons en effet dans ce passage une explication narrative, c’est-à-dire une mise en récit à travers laquelle Dieu se révèle. Elle dit la même chose que le psaume, mais en nous racontant une histoire qui nous permet, par l’imagination, de comprendre ce qui se joue dans la vérité proposée. Ici, il s’agit de comprendre que l’espérance se vit dans le maintenant, car un don est toujours fait au présent, et c’est assez logique finalement. Mais elle se joue aussi vers l’avenir, car elle est don du mouvement, du désir, de l’appel intérieur. Elle est donc à la fois le départ et l’arrivée !

En effet l’espérance, si elle est vertu théologale, est un don de Dieu. Et comment Dieu donne-t-il, si ce n’est en se donnant lui-même ? Ainsi Abraham part, parce qu’il est, d’une certaine façon, déjà arrivé. Le but de son départ est la fidélité à l’appel de Dieu et cette fidélité – cette foi qui le met en mouvement est déjà présence de Dieu en lui.

Ce point est très consolant pour nous, alors que nous peinons parfois dans un sentiment d’être éloigné de Dieu. Dès que nous mettons le premier pied sur le chemin vers lui, quelqu’en soit le moyen, c’est qu’il est là pour nous y aider. Jésus le dit d’une autre manière (Jn 6) : Nul ne vient à moi si mon Père ne l’attire. C’est bien par grâce que nous avançons vers Dieu. C’est donc qu’il est présent avant même que nous ne le sachions, pour générer en nous un désir, un mouvement, ce quelque chose qui nous met debout.

Un commandement : « Soyez comme des gens qui attendent leur maître« …

L’évangile de ce dimanche est pétri d’injonctions en tous genres. Prenez quelques instants pour le relire et soulignez tous les verbes à l’impératif. J’en compte sept, et vous?

Jésus, par deux paraboles, nous enseigne que la vertu d’espérance requiert, aussi, quelque chose de notre part. Une réponse – bien plus : une mission. Il en va de notre mission baptismale d’attendre le retour du maître en mettant la maison en ordre pour le recevoir.

Or, nous le savons car nous recevons nous-mêmes chez nous des invités, lorsque nous préparons la table, nous sommes déjà, d’une certaine manière, en présence de celui qui vient. Je le dis aussi avec toutes celles qui, apprenant qu’un événement allait advenir, ont eu comme première pensée « qu’est-ce que je vais mettre ? ». Tout cela est une manière de rendre présent un événement à venir, pour nous y préparer.

Ce qui est vrai dans la vie courante l’est aussi dans la vie spirituelle, mais avec une autre portée. Lorsque nous pensons à notre mort, ou à notre arrivée au ciel, y pensons-nous comme quelque chose de lointain, ou bien avec l’empressement du serviteur qui connaît les moindres goûts et manies de son maître et qui cherche à les satisfaire ?

A l’inverse, comment ne pas comprendre la colère du maître qui ne trouve pas ses serviteurs à leur poste de veille lorsqu’il revient ? Prenons un instant pour nous remémorer telle relation où une indélicatesse nous a blessé, car « on se connaît depuis tellement longtemps, il/elle devrait savoir, depuis le temps ! ». Pourquoi cela serait-il différent pour notre ami qu’est le Christ ? Apprenons à le connaître, recherchons sa compagnie et cherchons à le contenter !

Christ est venu, Christ est là, Christ reviendra

Au risque de prendre un autre chant un peu daté, j’attire votre attention, en cette messe, sur l’anamnèse (en lien, une page pour mieux la comprendre) qui est une proclamation de foi et d’espérance proposée par la liturgie juste après la Consécration du pain et du vin.

Le Seigneur est présent à nos côtés chaque jour (Mt 28,20), il nous inspire, nous attire et nous donne la force de faire le bien. Ne laissons pas son absence apparente prendre le pas sur la vérité de sa présence. Bien plus, nous qui sommes appelés en cette Eucharistie à devenir son Corps, écoutons-le nous redire où et comment, dans notre quotidien, nous pouvons mieux à la fois manifester sa présence au monde et préparer sa venue.

Évangile

« Vous aussi, tenez-vous prêts » (Lc 12, 32-48)

Alléluia. Alléluia.
Veillez, tenez-vous prêts :
c’est à l’heure où vous n’y pensez pas
que le Fils de l’homme viendra.
Alléluia. (cf. Mt 24, 42a.44)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Sois sans crainte, petit troupeau :
votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume.
    Vendez ce que vous possédez
et donnez-le en aumône.
Faites-vous des bourses qui ne s’usent pas,
un trésor inépuisable dans les cieux,
là où le voleur n’approche pas,
où la mite ne détruit pas.
    Car là où est votre trésor,
là aussi sera votre cœur.
    Restez en tenue de service,
votre ceinture autour des reins,
et vos lampes allumées.
    Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces,
pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte.
    Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée,
trouvera en train de veiller.
Amen, je vous le dis :
c’est lui qui, la ceinture autour des reins,
les fera prendre place à table
et passera pour les servir.
    S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin
et qu’il les trouve ainsi,
heureux sont-ils !
    Vous le savez bien :
si le maître de maison
avait su à quelle heure le voleur viendrait,
il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
    Vous aussi, tenez-vous prêts :
c’est à l’heure où vous n’y penserez pas
que le Fils de l’homme viendra. »
    Pierre dit alors :
« Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole,
ou bien pour tous ? »
    Le Seigneur répondit :
« Que dire de l’intendant fidèle et sensé
à qui le maître confiera la charge de son personnel
pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ?
    Heureux ce serviteur
que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi !
    Vraiment, je vous le déclare :
il l’établira sur tous ses biens.
    Mais si le serviteur se dit en lui-même :
‘Mon maître tarde à venir’,
et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes,
à manger, à boire et à s’enivrer,
    alors quand le maître viendra,
le jour où son serviteur ne s’y attend pas
et à l’heure qu’il ne connaît pas,
il l’écartera
et lui fera partager le sort des infidèles.
    Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître,
n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté,
recevra un grand nombre de coups.
    Mais celui qui ne la connaissait pas,
et qui a mérité des coups pour sa conduite,
celui-là n’en recevra qu’un petit nombre.
À qui l’on a beaucoup donné,
on demandera beaucoup ;
à qui l’on a beaucoup confié,
on réclamera davantage. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.



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