J’ai récemment entendu ce témoignage après un moment de prière : « Ben après avoir prié pour tous ceux que je connais et qui ont des problèmes, j’ai essayé d’écouter pour voir, mais je n’ai rien entendu ».

J’ai beaucoup aimé ces expressions et d’abord « écouter pour voir » car c’est sans doute tout le mouvement de notre humanisation et de notre vie spirituelle. Et puis ce mouvement « d’essayer d’écouter » ! Comment le Bon Dieu n’aurait-il pas fondu devant la belle intention ? Cela m’a donné l’idée d’une série de posts sur la prière. Voici donc quelques clés pour nos temps d’intériorité en ce mois de juillet. Bonne lecture et surtout, bonne prière !

Entendre Dieu, qu’est-ce à dire ?

Les grandes figures de l’Ancien Testament communiquent directement avec Dieu et les récits d’apparitions semblent nous confirmer que Dieu nous parle comme on entend un interlocuteur au téléphone. On ne le voit pas, mais on l’entend avec nos oreilles et on peut lui parler. Au pire, on comprend que cela se passe mentalement, comme ce niveau de pensée par lequel nous formulons une idée logique et verbalement transmissible. Est-ce bien comme cela que se passe la prière ? Nous affirmons que Dieu nous parle et nous entend, mais comment cela se passe-t-il ? Comment être sûr ?

La liturgie

Eh oui ! Un premier lieu privilégié pour entendre Dieu est la liturgie. Elle n’est pas seulement un culte rendu à un Dieu lointain. Elle est un moment où il vient me transformer (efficacité du sacrement) et m’attirer par sa Parole. Lorsque nous disons « Louange à toi Seigneur Jésus » après l’Évangile, nous affirmons notre foi en ceci : le Christ vient de nous parler. Ainsi la Bible reçue dans l’Église est-elle sûrement Parole de Dieu. Pour la question de son interprétation, je vous laisse reprendre cette excellente série de courtes vidéos, et notamment l’avant-dernier numéro.

Lorsque je vais à la messe, point n’est donc besoin d’attendre des manifestations particulières. Le Christ présent m’adresse une parole, à moi, personnellement.

Les effets de la présence de Dieu ?

La présence de Dieu ne reste pas sans effet (Is 55,11). Chaque fois que nous l’approchons ou qu’il vient à nous, quelque chose se passe de l’ordre du bien : apaisement, consolation, guérison parfois. Nous le voyons dans tous les récits des évangiles et notamment en Mc 5,24s : lorsque nous posons un acte de foi, notre vie est non seulement restaurée mais sauvée. Nous ne voyons pas Dieu et nous ne pouvons pas l’entendre, mais comme le vent (Jn 3) nous en voyons les effets en nous. Ce point est très important, car il fonde notre besoin de nous recueillir en lui. Approchons-nous donc de lui régulièrement, pour le laisser agir en nous !

Alors, quels sont ces effets et comment les reconnaître ?

Mais voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. (Ga 5, 22-23)

Remarquons d’abord que Paul ne parle pas des fruits (au pluriel), mais d’un fruit polymorphe. Un peu comme l’arc-en ciel diffracte la lumière pour en manifester les couleurs, le fruit de l’Esprit Saint se manifeste sous différents aspects.

Deuxième remarque : les fruits peuvent être des ressentis. Ils sont surtout des bienfaits relationnels. Cela peut nous aider à voir si Dieu est avec nous, bien plus sûrement que si nous avons des motions ou des « paroles dans le coeur« . Bien plus, ces fruits sont des vertus, c’est-à-dire des dons que Dieu nous fait et qui ne se déploient que si nous les mettons en oeuvre. Si ces fruits se déploient dans nos vies, soyons sûrs que Dieu est là, qu’il nous entend.

La voix de ma conscience.

J’ai déjà abordé ces points dans la série sur la Pentecôte, mais il me semble important de le mentionner ici. Dieu me parle aussi dans mon désir. Il m’attire à lui (Jn 6,44) non pas par la séduction, mais par ce que je désire de plus grand – et que lui seul peut me donner: le Bien, le Beau, le Vrai. Ainsi ma conscience va-t-elle chercher ce qui est bon, et mon intelligence ce qui est vrai. A tâtons, parfois dans l’erreur, mais avec un désir irrépressible qui, s’il est présenté à Dieu en toute humilité, me rend peu à peu capable de corriger telle attitude, de demander pardon pour tel mal commis, etc. Cette petite voix de la conscience est un des moyens par lesquels Dieu me parle.

Pour l’entendre, rien de tel qu’un moment de relecture en fin de journée ou qu’une pause avant de prendre une décision. Ainsi je ne prie pas au sens vocal du terme, mais je viens puiser en moi, à cette source intérieure bienfaisante. Je viens m’y connecter pour qu’elle infuse mes actions quotidiennes.

Pour aller plus loin : découvrir l’épisode 2 de la série

Une réponse à « Quand je prie je n’entends rien ! 1/ Comment savoir que Dieu me parle ? »

  1. Avatar de Quand je prie je n’entends rien 2/ Moi je ne sens rien ! – Do u wonder ?

    […] de notre série sur la prière, pour assurer notre marche et nos temps d’intériorité de l’été ! Nous avons pu voir […]

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