Loin des débats pour « ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain » et autres « il y a quand même de bons fruits », revenons à l’Écriture, qui est la Parole de Dieu à recevoir pour éclairer notre route. Je vous renvoie encore et toujours à ce parcours solide proposé par la conférence des évêques de France. Les vidéos sont courtes et claires, les fiches sont de bons outils pour progresser.

Eph 6, un texte remarquablement équilibré

Sous ses dehors Star wars, la fin de la lettre aux Éphésiens (6, 10-18) nous donne un enseignement précieux. La foi, la Parole de Dieu, l’Écriture : telles sont les armes du chrétien. Remarquons que Paul ne parle pas d’efficacité, il ne dit pas « tu verras, ça marche super bien » mais il invite à la supplication, qui est l’humble prière du pauvre de cœur, au service du prochain et à l’annonce d’un évangile exigeant : celui de la paix.

Mt 7, 15-20 ou comment écouter jusqu’au bout.

Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, alors qu’au-dedans ce sont des loups voraces. C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.

Va-t-on cueillir du raisin sur des épines, ou des figues sur des chardons ? C’est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits, et que l’arbre qui pourrit donne des fruits mauvais. Un arbre bon ne peut pas donner des fruits mauvais, ni un arbre qui pourrit donner de beaux fruits. Tout arbre qui ne donne pas de beaux fruits est coupé et jeté au feu. Donc, c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.

De nombreux « défenseurs » du renouveau ou des communautés déviantes affirment « mais il y a quand même de bons fruits ! » Sous-entendu : c’est donc un bon arbre. L’évangile est formel : « un bon arbre ne peut pas donner de mauvais fruits ». Dans de nombreux cas l’interprétation de ce verset a été pervertie. Sous prétexte de bons fruits, on a nié les abus de pouvoir, l’instrumentalisation de la parole et même la maltraitance. La question demeure et elle nous invite à l’humilité. Comment cet arbre qui a donné de mauvais fruits peut-il aussi en donner de bons? En tout état de cause, il faut considérer qu’un arbre ne peut jamais être considéré totalement bon ici bas et garder prudence et patience. Je n’ai pas de réponse figée et punchline à cette question délicate. Je crois qu’elle doit plus se traiter avec la délicatesse de celui qui retire des épines dans le pied de son enfant qu’avec les synthèses rapides et les raccourcis apparemment raisonnables.

Il y a bien sûr un discernement à opérer pour ne pas arracher le bon grain avec l’ivraie (Mt 13, 24-30). Il y a aussi une vigilance proprement pastorale à veiller sur les brebis et le jugement de l’Écriture est sans appel à ce sujet. (Mt 25 et Ez 34). Ce n’est pas parce que la vie de Dieu est plus forte que la mort que les arbres mauvais donnent de bons fruits. Parfois l’instrumentalisation de la Parole de Dieu sert à masquer nos manques d’intelligence, voire de courage. Pour rester fidèles à ce Renouveau dont les papes ont confirmé les fruits pour l’Église ne délaissons pas l’écoute et la mise en pratique (Lc 11,28)

Ga 5, 22-25 : les bons fruits garantis 100% pur Esprit Saint.

A propos de bons fruits, regardons encore ce que dit St Paul.

Mais voici le fruit de l’Esprit : amour,

joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi.

En ces domaines, la Loi n’intervient pas. Ceux qui sont au Christ Jésus ont crucifié en eux la chair, avec ses passions et ses convoitises.

Puisque l’Esprit nous fait vivre, marchons sous la conduite de l’Esprit.

Quelques remarques sur le texte.

Tout d’abord le terme « fruit », identique à l’image utilisée par Jésus en Mt 7. Ici, Paul désigne aussi les effets de l’action de l’Esprit Saint dans nos vies lorsque nous consentons à collaborer avec lui. Remarquons aussi que Paul ne dit pas « les fruits », mais le terme est au singulier. Il n’y a qu’un seul fruit de l’Esprit, qui, tel un diamant reflétant la lumière, se diffracte en effets bénéfiques.

Ensuite, on remarque plusieurs types de fruits : il y a ceux que l’on ressent (amour, joie, paix, douceur) et ceux qui ne se voient que dans les relations (amour, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur, maîtrise de soi). Certains sont à la fois personnels et relationnels : l’Esprit est don et communion.

Par conséquent, on peut trouver ici un critère sûr pour nous diriger dans l’existence. Si les fruits sont là, n’ayons pas peur ! Mais si la bienveillance est soumise à condition alors s’éloigne la douceur. Si la paix consiste à l’exclusion de toute diversité alors s’affadit l’amour et la bonté. Si la fidélité est loyauté à un charisme ou une autorité plutôt qu’à la charité, interrogeons-nous loyalement car elle se dissocie de la maîtrise de soi.

Conclusion

La Parole de Dieu, la liturgie et la docilité à la voix de l’Église sont des critères sûrs. En nous mettant à l’école des saints nous deviendrons à notre tour signes du Royaume pour nos frères. En ce temps de Pentecôte, vivons sous la conduite de l’Esprit pour que jaillisse la vie de Dieu en nos existences !



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