Nous commençons, en ce lundi 13 janvier 2025, la première période du temps ordinaire de cette nouvelle année liturgique.
L’année liturgique permet de revivre l’ensemble de l’histoire du Salut et de la vie du Christ, au cours d’une année. Elle se découpe en temps liturgiques qui peuvent être considérés comme des saisons, avec une prédisposition du coeur qui change à chaque temps.
Depuis le concile Vatican II, nous avons un cycle de trois années liturgiques : l’année A, l’année B et l’année C pour entendre le plus possible de passage de la Parole de Dieu. La foi nait de l’écoute de la Parole. Pour cela, durant l’année A nous écoutons l’Evangile selon saint Matthieu ; durant l’année B, celui selon saint Marc ; durant l’année C, celui selon saint Luc. Et celui selon saint Jean ? Nous l’écoutons pendant le temps pascal et aussi durant l’année B car l’Evangile selon saint Marc est plus court. En 2024-2025, nous sommes année C, nous écouterons donc l’Évangile selon saint Luc.
Nous pouvons considérer le calendrier liturgique comme le « cercle de la vie », et se dévoile alors à nous le mystère du Christ.

Nous avons donc vécu tout d’abord le temps de l’Avent du 1er au 24 décembre 2024.
Puis nous avons terminé hier avec le dimanche du Baptême du Seigneur les 19 jours du temps de Noël.
Le temps ordinaire est donc le troisième temps de cette année liturgique. Et vous m’avez bien entendu dire “première période” du temps ordinaire en introduction car il y en a deux par année liturgique.
Les deux périodes du temps ordinaire
La première période, qui suit le dimanche du baptême du Seigneur, s’achèvera Mardi Gras ; le mercredi des Cendres marquant le début du temps du Carême.
La deuxième période, qui suit le dimanche de la Pentecôte, se poursuira jusqu’au début de l’Avent.
Pourquoi ce mot “ordinaire” ?
Le mot “ordinaire” en latin signifie “habitude”. Ce temps nous permet de revivre chaque année toutes les étapes de l’histoire du Salut accompli par Jésus-Christ.
L’expression « Dimanches du Temps ordinaire » déploie alors toute sa puissance. Ils nous font traverser la vie du Christ. C’est un temps de conversion, de croissance et de maturation, durant lequel le mystère du Christ se renouvelle dans l’histoire. Le but vers lequel toute l’histoire se dirige est représenté par le dernier dimanche du temps ordinaire, la solennité de notre Seigneur Jésus-Christ, roi de l’univers.
Le vert
La couleur liturgique du temps ordinaire est le vert, code couleurs qui se voit constitué en autorité par (l’article XVIII des Rubricae generales du) le Missel Romain de 1570.

Et comme nous passons plus de la moitié de l’année liturgique dans le temps ordinaire, cela explique pourquoi dans nos esprits les prêtres sont habillés en vert.
Il s’agit de la couleur de la vie et de l’espérance. Le vert représente la nature et tout ce qui grandit, temps idéal pour faire grandir notre foi.
“Fun facts”
Tout comme les autres temps de l’année liturgique, par exemple l’omission du Gloria pendant les temps de l’Avent et de Noël, le temps ordinaire a, lui aussi, ses spécificités :
– Il n’y a pas de premier dimanche dans le temps ordinaire.
– Les lectures du temps ordinaire sont continues et non thématiques comme le reste de l’année.
– La deuxième période du temps ordinaire est la plus longue période liturgique.
– Un symbole souvent retrouvé dans le temps ordinaire est constitué de deux poissons et d’une corbeille de pain, symbolisant le miracle de la multiplication des pains de Jésus (Mt 14,13-21).

– Faites du temps ordinaire un moment spécial pour votre famille : vous pouvez lier vos prières quotidiennes à la jouissance de la nature, en priant tout en vous promenant.
– La couleur blanche fait exception lors de certains jours de fête particuliers, comme les «fêtes et mémoires du Seigneur qui ne sont pas celles de sa Passion», celles de la Vierge Marie, des Anges, des saints (non martyrs), «de la fête de Tous les Saints, de saint Jean Baptiste»…
Communion des Saints
Il existe donc une merveilleuse harmonie entre le mystère du Christ et la célébration des saints. Le temps ordinaire est un moment privilégié pour explorer la vie des saints lors de leurs fêtes. En suivant les fêtes des saints et en racontant leurs histoires à nos enfants, nous pouvons trouver dans leur vie une signification qui peut être liée à la nôtre.
Ci-dessous une liste non-exhaustive :
- Saint François de Sales, 24 janvier
- Saint Thomas d’Aquin, 28 janvier
- Saint Jean Bosco, 31 janvier
- Saint Joseph, l’ouvrier, 1er mai
- Notre-Dame de Fatima, 13 mai
- Saint Antoine de Padoue, 13 juin
- Saint Ignace de Loyola, 31 juillet
- Sainte Monique, 27 août
- Saint Augustin, 28 août
- La Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie, 8 septembre
- Sainte Thérèse de Lisieux, 1er octobre
- Les Saints Anges Gardiens, 2 octobre
- Saint François d’Assise, 4 octobre
- Saint Jean-Paul II, 22 octobre
- Toussaint, 1er novembre.
Prière (extra)ordinaire
Dieu de toutes les bonnes choses,
Depuis le début de la création
Tu as comblé le monde d’abondantes bénédictions.
Pour tout ce que tu as donné,
Nous ne cesserons jamais de te remercier.
Aide-nous à être une bénédiction pour répondre aux besoins de nos frères et sœurs.
Inspire nos cœurs pour utiliser les dons que vous nous avez accordés,
Grands et petits, pour apporter ta paix et ton amour au monde.
En partageant nous-mêmes et tout ce que nous avons,
Apprends-nous à recevoir tes dons avec grâce,
A les cultiver de manière responsable,
A les partager généreusement,
Et à te les rendre tout en les augmentant,
Afin que nous puissions nous réjouir des richesses qui nous sont réservées au ciel.
Nous te prions par Jésus-Christ, notre Seigneur, Amen.
Au cours de cette première période du temps ordinaire, nous avons donc de nombreuses occasions de prier avec notre famille. Par exemple, lors de la fête de la Chandeleur, qui est la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem, lorsque le prophète Syméon reconnaît que Jésus est « la lumière qui se révèle aux nations » (Lc 2,32). Elle est célébrée chaque année le 2 février soit 40 jours après Noël. Certains exposent leurs crèches jusqu’à ce jour, jour des crêpes ! Elle peut aussi être l’occasion pour les familles d’apporter dans leur paroisse des cierges ou bougies à bénir pour les utiliser dans leurs maisons pendant l’année.
Candelys bougies illustrées et personnalisées
Je souhaitais à cette occasion vous partager mon coup de coeur 2024 :
Elisabeth Bertrand peint entièrement à la main sur cierge et bougie, et propose notamment une magnifique collection de saints patrons.

Elle avait offert cette superbe bougie Saint Matthieu à l’un de nos lecteurs, en octobre dernier, dans le cadre de notre étude de l’Evangile selon saint Matthieu.
Elle a gentillement accepté de répondre à mes questions :
Bonjour Elisabeth, pourriez-vous s’il vous plaît vous présenter et nous raconter ce qui vous a amené à faire de la peinture sur cierge et bougie votre profession ?
Bonjour, je m’appelle Elisabeth BERTRAND, je fête mes 40 ans cette année. Je suis mariée depuis plus de 16 ans et nous avons 2 garçons de 15 et 13 ans.
J’ai commencé à peindre sur bougie il y a environ 10 ans. A l’époque, nous avions donc 2 petits garçons et je travaillais comme infirmière. Nous connaissions de nombreuses difficultés autour de la maternité que je vivais très difficilement. C’est mon mari qui m’a encouragée à me lancer dans cette activité qui m’attirait de façon toute particulière… allez savoir pourquoi ?
De fil en aiguille, la peinture sur bougie a pris de plus en plus de place dans ma vie. C’était un lieu de ressourcement et d’épanouissement pour moi et j’ai développé à force de nombreuses heures de travail un vrai savoir-faire. Je ne suis pas une artiste, partant de rien, mais je m’inspire d’icônes, de vitraux existants, et je retravaille les dessins à ma manière.
Il y a 5 ans, après 3 fausses couches et 2 grossesses extra-utérines, le couperet de ne plus avoir d’enfants est tombé, j’ai alors décidé avec mon mari de quitter mon travail d’infirmière pour rester à la maison avec mes 2 enfants et me consacrer entièrement à ma vie de famille et à cet artisanat en créant une micro-entreprise.
Comment mettez-vous vos talents au service de Dieu ?
C’est un travail qui mêle vie professionnelle et vie spirituelle.
J’aime particulièrement ce lien quotidien que j’ai avec le Ciel, le fait de côtoyer tous ces saints patrons qui font l’Eglise (j’en ai peint plus de 225 différents !), de m’unir aux sacrements qui vont être donnés. J’aime avoir une prière pour ceux pour qui je peins mes bougies et participer un peu aux joies et aux peines de ceux qui me commandent.
Depuis le début, j’ai remis entre les mains du Seigneur cette activité. C’est vraiment lui qui mène la barque ! Par exemple, je suis toujours étonnée de voir comment fonctionne mon flux de commande… Il m’est arrivé à plusieurs reprises de constater un ralentissement de mes commandes. Et à chaque fois, c’était pour me libérer du temps pour gérer les priorités et difficultés familiales. Il en est de même pour les coups de stress que je peux avoir sur des soucis d’approvisionnement en matériel. Dès que je consens à lâcher-prise, à cesser de me crisper, tout en ayant cherché efficacement des solutions, les choses finissent toujours par rentrer dans l’ordre…
Même si indéniablement mon travail est une forme d’évangélisation, c’est d’abord le Seigneur qui me rejoint au quotidien et qui, malgré les méandres douloureux de la vie, me donne la grâce inestimable d’avoir comme une certitude intérieure aujourd’hui, que je suis à la bonne place.
Deo Gratias !
Comment résonne pour vous ce temps liturgique dit « ordinaire » ?
Je rejoins vraiment ce que nous dit Claire ; c’est un temps qui est tout sauf ordinaire ! L’Eglise dans sa merveilleuse sagesse a donc découpé l’année en temps liturgiques et il se trouve que le temps ordinaire est le plus long de tous. Personnellement, j’y vois un parallèle avec nous, comme une représentation de notre vie. Parfois, nous sommes dans l’épreuve et les ténèbres, parfois nous sommes dans la joie et touchons du doigt la gloire qui nous attend au Ciel, mais le plus souvent, nous sommes dans une sorte de routine quotidienne. Et pourtant, ne nous y trompons pas ! Cet ordinaire a une valeur inestimable ! Le temps ordinaire est pour moi l’image de la fidélité à Dieu dans notre quotidien, de la fidélité de Dieu qui penche son regard sans cesse sur nous, de notre bonne volonté qui se poursuit dans les choses banales de notre vie et qui pourtant ont un poids inconsidérable dans l’Eternité. Il n’y a jamais rien de banal ou d’ordinaire sous le regard du Seigneur.
Peut-être parce que je suis une femme, je trouve que la Sainte Vierge dans son quotidien de Nazareth est l’exemple parfait de l’attitude à adopter en ce temps ordinaire. Accomplir fidèlement et avec amour chaque chose (facile à dire… pas toujours facile à faire !). Ou alors, j’aime à imaginer que je suis comme ces saintes femmes qui suivent Jésus dans sa vie publique, fidèles et discrètes mais à l’œuvre malgré tout pour la Gloire de Dieu dans les petits riens d’un quotidien qui semble parfois un peu insipide et qui pourtant a tant de prix aux yeux de Dieu !

1000 mercis Elisabeth pour votre magnifique témoignage !
Je vous recommande vivement ses bougies illustrées et personnalisables par un prénom, une date, un mot, toutes plus belles les unes que les autres !
Je vous souhaite une très belle entrée dans ce temps tout sauf ordinaire !





