Méditation des lectures du dimanche 33 TO

Y’a du roulis !

La lecture cursive des trois textes d’aujourd’hui nous balance d’un côté et de l’autre : « Ce sera un temps de détresse, …mais ton peuple sera délivré »; Le grand-prêtre offrait des sacrifices qui ne pouvaient pas enlever les péchés. (…) Jésus, au contraire, après avoir offert pour les péchés un unique sacrifice, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu. Et puis dans l’évangile :  » En ces jours-là, après une grande détresse, le soleil s’obscurcira
et la lune ne donnera plus sa clarté ; les étoiles tomberont du ciel, et les puissances célestes seront ébranlées. Alors on verra le Fils de l’homme venir dans les nuées avec grande puissance et avec gloire.
 » A chaque texte, nous sommes balancés d’une situation à l’autre, d’un aspect à l’autre, d’une figure à l’autre.

De quoi nous donner le mal de mer ?

Je ne sais pas si vous suivez un peu l’actualité du Vendée Globe. Pour ma part, le monde marin est une source inépuisable de leçons de vie et de sagesse. En ce moment par exemple, le plus âgé de la flotte, qui est aussi un de ceux qui ont refusé d’avoir un bateau trop technique, est passé 1er du classement provisoire. Moins de budget, mais plus de capacité, peut-être, à regarder le ciel et à discerner la route à suivre ?

Avec l’image du figuier, Jésus nous invite exactement à cela : quitter des yeux mon appli-météo, et regarder le ciel. Cesser de vouloir modeler ma vie sur une carte, et accueillir le réel.

Cherchez, vous trouverez

Cette semaine avec mes classes de 4e, nous avons échangé sur notre fin de vie, et ce qui se passera après. Bizarrement (!), il y avait peu d’élèves à regarder ailleurs pendant cette séance. C’était assez beau, d’ailleurs, de voir ces jeunes esprits s’éveiller à leur responsabilité pour leur propre vie. Il a été question de temps et d’éternité, de croissance et de possibilités, mais aussi de choix définitifs et irréversibles – bref : de notre liberté plus ou moins musclée, plus ou moins capable d’amour, et donc plus ou moins libre.

Au milieu de l’échange, L. lève la main : – Madame, moi je crois en Dieu, mais je ne prie pas et je ne vais pas à la messe, est-ce que je suis obligé d’y aller pour aller au paradis ?

-ai-je parlé d’obligation une seule fois ?

– Alors. Je crois en Dieu, mais est-ce que je serai capable de dire oui si je ne vais pas à la messe et que je ne prie pas ?

– Toi seul a la réponse.

Les textes d’aujourd’hui évoquent la fin du monde, et des situations extrêmes – des situations de crise. En grec, le terme crisis signifie « jugement ». Ainsi, que ce soit notre propre fin ou celle du monde que nous connaissons, nous sommes devant un obstacle. Dieu nous place devant une nécessité : trouver le chemin pour passer.

(Mt 7,7). Nous devons discerner, juger, chercher, sans cesse nous demander si cette route est la bonne, si notre conscience est droite. En anglais, ce verbe se dit « to wonder ». (pour ceux qui ont la ref : oui, c’est exactement pour cela que notre blog s’appelle : Do You wonder ?

Nous avons déjà évoqué cette rude question de la liberté, et nous y reviendrons sans doute, encore et encore. Dieu ne fait pas les choses à notre place. La Bible nous le redit sans cesse avec des mots nouveaux

Beaucoup de gens qui dormaient
dans la poussière de la terre
s’éveilleront, les uns pour la vie éternelle,
les autres pour la honte et la déchéance éternelles.
    Ceux qui ont l’intelligence resplendiront
comme la splendeur du firmament,
et ceux qui sont des maîtres de justice pour la multitude
brilleront comme les étoiles pour toujours et à jamais.

Nos choix sont comme la trace de notre capacité à agir à la ressemblance de notre Dieu dans la justice et l’intelligence. Tout cela nous prépare au moment où le temps s’arrête. Les élèves ont beaucoup réagi à cette comparaison : nous sommes à l’entraînement, nos actes nous modèlent.

Mais ce n’est pas le jeu pervers d’un Dieu qui jouerait avec nous. C’est la main d’un Père qui nous fait grandir en responsabilité en nous disant non seulement « cherche et tu trouveras », mais aussi « demande, et tu obtiendras ».

Un Seul Sauveur

Temps et éternité, bien et mal, fin du monde et salut. Au milieu des lectures si mouvementées d’aujourd’hui, la figure du Christ apparait comme un phare, stable et rassurante. Depuis plusieurs semaines, la deuxième lectures des messes du dimanche nous font méditer sur son Sacerdoce. Avant de fêter le Christ-Roi, arrêtons-nous un peu pour contempler le Christ-Prêtre.

Aujourd’hui en effet, l’auteur de la lettre aux hébreux nous présente une figure unifiante : le Grand-Prêtre. Regardons la succession des mots : unique sacrifice ; pour toujours; unique offrande ; pour toujours ; perfection ; quand… on … ne…plus. Comme nous le disions avec les élèves, nous sommes parfois comme des débutants qui entrent dans une salle de musculation. Nous voyons notre vie et les renoncements à faire dans une vue d’ensemble, multiples répétitions, exercices sans fin, fatigue et sueur. Faisons une pause : le Christ nous annonce que la victoire est acquise, pour toujours.

Dieu s’est ainsi engagé doublement de façon irrévocable, et il est impossible que Dieu ait menti. Cela nous encourage fortement, nous qui avons cherché refuge dans l’espérance qui nous était proposée et que nous avons saisie.

Cette espérance, nous la tenons comme une ancre sûre et solide pour l’âme ; elle entre au-delà du rideau, dans le Sanctuaire

où Jésus est entré pour nous en précurseur, lui qui est devenu grand prêtre de l’ordre de Melkisédek pour l’éternité. (He 6, 18-20)

Le premier, le Christ est passé. Au milieu des vicissitudes de sa vie d’hommes, au milieu des crises, il a trouvé un passage et il est entré. Ce passage (qui est la traduction du mot Pâque) la lettre aux hébreux nous le présente comme un acte sacerdotal, une offrande parfaite. Les choix que nous avons à faire ne sont pas une forme de développement personnel à la sauce « self-made », mais le don de nous-mêmes uni à celui de Jésus de Nazareth, car l’obstacle qui est dressé peut être vaincu par l’amour.

Ainsi, en bons marins, nous pouvons tenir cette ancre de miséricorde qui est déjà fixée et qui nous tire dans la bonne direction. Au milieu des tempêtes et des catastrophes, dans le bruit incessant de nos vise, cela nous encourage fortement, nous qui avons cherché refuge dans l’espérance qui nous était proposée et que nous avons saisie.

Je vous souhaite une bonne semaine avec le Christ !

Pour aller plus loin :

Goûter à l’éternité, dès maintenant

par Frère Xavier Loppinet

Méditation biblique : le sacrifice d’action de grâce

Anne Lécu fait résonner les Écritures pour éclairer le passage de la lettre aux Hébreux de ce dimanche et prendre la dimension de l’offrande que le Christ a faite aux hommes.



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