Mc 12, 28b-34 – Méditation du dimanche : 32 TO
En ce temps-là, un scribe s’avança vers Jésus pour lui demander :
« Quel est le premier de tous les commandements ? »
Jésus lui fit cette réponse : » Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.
Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force,
et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. »
Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. »
Et personne n’osait plus l’interroger.

Comme la semaine dernière, mettons-nous à l’école de St Ignace de Loyola pour entendre la Parole que le Seigneur veut nous dire, personnellement, aujourd’hui. Faire fonctionner son imagination aide à intérioriser les mots et les récits de la Bible.
En nous résonne ce texte écrit il y a si longtemps par des auteurs dont la culture et les schémas mentaux nous sont totalement étrangers. Et pourtant, ces mêmes mots ont « Dieu pour auteur » et c’est à travers eux qu’il nous parle en ce moment. Car « Pour composer ces livres sacrés, Dieu a choisi des hommes auxquels il a eu recours dans le plein usage de leurs facultés et de leurs moyens, pour que, lui-même agissant en eux et par eux, ils missent par écrit, en vrais auteurs, tout ce qui était conforme à son désir, et cela seulement. » (DV 11) C’est pourquoi ouvrir la Bible, c’est autant lire qu’écouter.
La composition de lieu
Nous sommes à Jérusalem, où Jésus circule librement mais sous l’œil menaçant des autorités religieuses qu’il a défié. Il enseigne en parabole et les scribes le sollicitent pour des controverses qui n’ont rien d’amicales (Mc 12, 13;19). Nous pouvons l’imaginer assis, comme tout maître qui enseigne. Il est entouré de ses disciples, mais aussi de tous ceux qui veulent l’entendre. Il est sans doute sous la colonnade, à l’ombre. Il y a beaucoup de bruit, de passage, car le parvis du Temple n’est pas un lieu de prière silencieuse, loin de là !
Que pouvons-nous imaginer d’autre ?
Peut-être qu’un groupe de scribes discute dans un coin. Et un des membres s’en détache. Comment le voyons-nous ? Le texte met en valeur cette démarche. La traduction liturgique dit qu’il « s’avance vers Jésus ». Le texte original nous dit qu’il « s’approche », car il avait entendu que Jésus avait bien répondu à la question précédente. Quelle est son attitude ? Quelle est l’attitude de Jésus ? Comment se regardent-ils ? Quelle est l’intonation de leur voix dans cet échange ?
Quel est le premier de tous les commandements ?
En les regardant se rencontrer, nous comprenons que l’enjeu de ce texte n’est pas seulement la controverse sur la loi de Moïse. Nous assistons à une rencontre entre deux hommes dont l’un écoute avec une intention droite, tandis que le second se révèle de plus en plus comme Maître de Sagesse, le Fils de Dieu.
Lorsque nous écoutons la question du scribe, nous entendons que tous les termes sont au singulier. Il parle du premier commandement. Le mot grec signifiant « premier » a aussi un sens plus large : protos, que l’on retrouve dans « prototype ». Ce commandement n’est pas seulement en tête de liste, il modèle les autres. Raison de plus pour bien en saisir le sens, et telle est l’intention du scribe.
La réponse de Jésus est, elle aussi, au singulier, mais est il l’a donne en deux temps. Là encore, nous pouvons relire le texte et le laisser résonner en nous : à quel rythme Jésus a-t-il prononcé ces mots ? A-t-il laissé un silence entre les phrases ?
De toute ton intelligence
Cet échange tranche radicalement avec les controverses et les questions pernicieuses des paragraphes précédents. Ici, la rencontre se vit dans l’écoute et la douceur.

En répondant « Fort bien, Maître, tu dis vrai », le scribe montre qu’il met déjà en oeuvre les deux commandements, car il utilise toute son intelligence pour reconnaître la vérité, sans parti pris sur son prochain qui est, pour le moment, Jésus lui-même.
Tu n’es pas loin du royaume des cieux
Dans notre méditation, prenons la place de ce scribe, et relisons encore le texte, pour entrer dans ses sentiments, et pour, nous aussi, oser approcher de Jésus et l’interroger.
Quelle question aimerions-nous lui poser?
Ici, une lumière joyeuse apparaît : dans la vie quotidienne, nous hésitons, cherchons comme à tâtons à faire le bien, à aimer, à mettre en pratique ce double commandements. Il est bon de regarder le Fils de Dieu nous dire « Tu n’es pas loin du royaume des cieux ».
Mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices.
En méditant avec nos sens et notre intelligence sur ce texte, nous comprenons que nos offrandes ne sont pas sans valeur, puisqu’elles disent quelque chose de notre désir de lien avec Dieu. Mais elles doivent être ordonnées à ce double commandement-prototype, modelées par lui. En ce sens, Jésus ne donne pas un enseignement qui annule la loi de Moïse, mais il en propose un accomplissement et un renouvellement par sa présence.
Comme dans cette expérience vécue par le scribe, il s’agit peut-être pour nous de passer d’une recherche intellectuelle et/ ou morale, à une relation d’amour avec le Fils de Dieu. Souvent, nous cherchons à satisfaire notre soif de comprendre, ou notre désir de faire le bien. Alors nous nous avançons vers Dieu en demandant « quel est le commandement ? » ou « que dois-je faire » ou même « que faut-il penser » ?

Dans sa réponse et par son attitude, Jésus m’invite à nous invite peut-être à nous décentrer pour le regarder, lui.
L’aimer avec notre intelligence, notre force, notre esprit : cela suppose, en premier lieu, d’oser nous approcher de lui pour le rencontrer, l’entendre nous surprendre, le regarder nous accueillir avec miséricorde, nous laisser conforter, rejoindre et toucher par son encouragement.

Après avoir lu ou écouté cette méditation, nous pouvons prendre un temps de silence pour reprendre ce que nous avons goûté du texte, ce que nous avons compris, ou ce qui nous a interrogé. Il est là, présent en nous, attendant que nous nous avançions vers lui.
N’hésitez pas à partager quelque chose de votre méditation, ou à commenter ce post !
Bonne semaine avec douwonder !






2 réponses à « Oser. »
Dommage que ces méditations n’arrivent que le dimanche soir ; j’aimerais les « manduquer » avant la messe du dimanche.
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Peut-être faut-il les prendre pour ce qu’elles sont : une invitation à faire un petit bonus le dimanche en prenant un temps personnel autour de la Parole du jour ?
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