Méditation du dimanche (TO 28)
Depuis dimanche dernier, nous lisons en continu la lettre aux hébreux. Cela va encore se poursuivre plusieurs dimanches ! Pour entrer dans ce texte, nous laissons de côté aujourd’hui la première lecture et l’évangile, qui sont, je crois, assez explicites. Et puis nous avons de la chance, car la première et la deuxième lecture ne sont pas très éloignées.
Présentation de la lettre aux hébreux
L’épître aux hébreux est un texte singulier dans le Nouveau Testament et ce, pour plusieurs raisons :
- on ne connait pas son auteur. Longtemps, ce texte a été attribué à l’apôtre Paul, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Paul était pharisien, alors que ce texte est centré sur le sacerdoce. L’auteur était-il sadduccéen ?
- C’est un texte particulièrement construit. On est très loin des récits comme le livre de la Genèse ou l’Exode. Chaque passage est une affirmation ou une démonstration. Son but est de présenter et de convaincre.
- Le texte présente la figure d’un Christ Grand-Prêtre, alors que ce titre n’est pas donné dans les Evangiles, même chez Jean. L’objet du texte est de montrer que Jésus de Nazareth accomplit toutes les Ecritures, y compris le culte du Temple.
A la jointure « de l’âme et de l’esprit » ?
Cette expression a d’abord attiré mon attention. Habituellement, nous disons que la personne humaine est composée d’un corps et d’une âme. Ici, l’auteur de la lettre aux hébreux nous parle de l’âme et de l’esprit. Dans le livre du Deutéronome (6, 5-6), nous lisons une autre expression : « de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta force ».
Pour dire la dimension spirituelle de la personne humaine, les différentes traditions donnent des termes proches, et vont parfois jusqu’à utiliser le même mot pour désigner une faculté différente. Pour ma part, j’ai choisi la même terminologie que la lettre aux hébreux et voici pourquoi.
L’âme désigne ce qui, en nous, anime notre agir et notre vie intérieure. Il s’agit des émotions, de l’affectivité, mais aussi de la mémoire immédiate et de la raison logique. Plus profondément, l’esprit désigne ce sanctuaire intérieur de la conscience, cet espace où se jouent nos événements les plus intimes, les plus personnels. Lorsque nous ne savons pas prier comme il faut, Paul dit que « l’Esprit se joint à notre esprit » (Rm 8,16). C’est donc le lieu d’où monte ma prière. On dirait presque : le point de connexion avec Dieu qui est esprit.

Lorsqu’on parle avec des non-chrétiens, souvent vient la phrase « mais les animaux aussi ont une âme » – et je trouve très confortable de pouvoir leur répondre sincèrement : oui. Mais les animaux n’ont pas d’esprit, ils n’ont pas de conscience.
Lorsque nous prions, nous le faisons dans des lieux ou des moments propices. Jésus lui-même nous y invite (Mt 6,6)
Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé.
Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Remets-nous nos dettes,
comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal.
Dans cet enseignement, Jésus nous invite à ne pas rester à l’extérieur de nous-même, dans le bruit de nos pensées, de nos émotions ou de notre imagination. Il nous invite à venir rencontrer en vérité Celui qui est présent en nous, et à le prier avec ses propres mots. Ainsi, nous ne prions jamais seuls, mais par le Christ dans l’Esprit.
Elle est vivante, la Parole de Dieu !
Le deuxième point se voudrait plus méditatif. La Parole de Dieu est une Personne : le Christ lui-même ! Comme Jean le dit dans le prologue de son évangile : « Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous ». Dans cette deuxième lecture, nous pouvons donc remplacer le terme « Parole de Dieu » par « Jésus ». Déjà, l’Ancien Testament utilise le même procédé littéraire, mais cette fois-ci pour parler de la Sagesse. Il se trouve que c’est exactement le chapitre dont la première lecture est issue.
Elle juge : devons-nous avoir peur ?

Ce texte est assez frappant car les termes employés ne laissent aucun doute. Nous sommes nus devant cette Parole vivante, vulnérables et démunis devant cette épée à deux tranchants. Nous voici comme Adam et Eve, conscients de notre péché et de l’offense commise.
Et pourtant, c’est une bonne nouvelle. Nous le voyons par exemple dans un procès : si le juge décide de diminuer la peine de l’accusé alors qu’il la juge mal, l’injustice est très grande pour la victime.
Notre Dieu est vérité, et c’est en cela qu’il est miséricorde : il juge toute la gravité de l’offense que nous lui faisons, et il nous pardonne. Nous pouvons être dans une immense gratitude à son égard.
Comme d’habitude ici, n’hésitez pas à poser vos questions, à réagir ou à nous inviter à développer les thèmes qui vous intéressent !
Bon Dimanche à tous,





