Qu’est ce que c’est que cette assomption ? Qu’est ce que désigne ce terme et d’où vient il ?

On pourrait commencer par son étymologie : il s’agit du même mot que le verbe « assumer ». Peut-être que cela demeure encore un peu confus ? Alors reprenons :

Tout d’abord, l’Assomption est un dogme. Voilà donc un deuxième mot un peu technique. Qu’est-ce que c’est qu’un dogme ?

Ce n’est pas quelque chose que l’Eglise aurait inventé pour faire joli ou pour justifier des pratiques spirituelles. Ce n’est pas non plus quelque chose que l’Église va obliger les chrétiens à croire et qui serait sorti de nulle part.

C’est au contraire la reconnaissance de ce qui est cru par tous les chrétiens, partout et tout le temps. Autrement dit, en proclamant en 1950 le dogme de l’Assomption, le pape reconnait que dès les premiers temps de l’Eglise, les chrétiens ont porté cette croyance que le corps de Marie n’a pas été corrompu par la mort, ne s’est pas décomposé. Autrement dit, elle est montée au ciel avec son âme et avec son corps.

Il faut noter aussi que ce dogme a été prononcé le 1er novembre 1950, c’est à dire le jour de la Toussaint, ce qui pour nous est un un indice supplémentaire de la pédagogie de l’Église. En effet, l’Assomption est exactement la projection de ce que nous allons faire, de ce que nous allons devenir, de ce que nous sommes appelés à devenir.

Je vais m’expliquer en quelques mots.

Lorsque nous agissons, nos actes nous marquent. Si je fais le bien, il y a quelque chose en moi qui vient s’imprimer d’une connaissance – on parlera de « co-naturalité », c’est à dire : quelque chose en moi deviens de même nature que le bien que je viens d’atteindre.

Les disciples voulaient le prendre dans la barque ; aussitôt, la barque toucha terre là où ils se rendaient. (Jn, 21)

Exactement comme nous le voyons dans l’Ecriture. Lorsque Jésus monte dans la barque des disciples, ils sont arrivés au lieu où ils se rendaient alors qu’ils avaient ramé toute la nuit. Ils ne pouvaient pas y arriver seuls. Et au moment où ils se tournent vers Jésus, celui-ci devient leur destination. Ils sont arrivés.

Pour nous, c’est un petit peu pareil. Chaque fois que nous nous posons un acte de bien, de bienveillance, de charité, d’espérance, de foi, il y a quelque chose en nous qui est déjà arrivé au ciel, parce que nous en faisons notre destination. C’est notre priorité.

Quel lien avec l’Assomption de la Mère de Dieu ?

Lorsque nous vivons cette « co-naturalité » avec le bien, nous sommes touchés, transformés par lui. Non seulement notre esprit ou notre volonté, mais notre nature humaine, notre chair est transformée dans ce bien. Ainsi, plus nous posons des actes bons, plus nous posons des actes de charité – plus notre volonté est conforme à la charité ! – et plus nous sommes transformés. En Marie cette transformation est arrivée à sa perfection car elle a posé tellement d’actes bons dans son existence que tout son être bascule, pour ainsi dire, dans l’amour – corps et âme.

Ainsi s’accomplit pour Marie la prière que l’Eglise propose chaque mardi aux complies « Quand le souffle en elle s’épuise, fais-la vivre du souffle de ton Esprit ». Elle bascule tout entière dans la gloire parce que tout son être est transformé par la charité. Il n’y a pas de péché en elle, et donc même sa chair peut basculer, être « assumée » dans l’amour divin.

Et c’est donc ce à quoi nous sommes appelés nous aussi, dans la Sainteté et ce à quoi le Christ nous entraîne.

Assomption, Ascension : est-ce différent ?

Parfois, on entend qu’un autre mot est utilisé: l’Assomption n’est pas la même fête que l’Ascension. Pour ce qui est de la fête de l’Ascension qui est fêtée 40 jours après Pâques, il s’agit d’un événement différent.

En effet, le Christ a connu la mort, et la corruption du tombeau, certes pendant 3 jours, mais quand même ! Il est descendu aux enfers, ce que sa mère n’a pas connu. Marie n’a pas connu cette descente aux enfers et dans la mort.

Les 3 jours au tombeau et la résurrection constituent un événement qui fait basculer le cours de l’histoire. Ce qui n’est pas le cas de l’Assomption. Ça ne fait pas basculer le cours de l’histoire, ça n’est qu’une conséquence de la résurrection du Christ.

Et donc, 40 jours après Pâques, Jésus avec son corps ressuscité qui s’est rendu visible à ses disciples pendant 40 jours, monte au ciel. On retrouve ici la racine du mot Ascension – qui a donné ascenseur, si cela peut vous aider à différencier les mots.

Alors qu’est ce que « le ciel » ?

Le ciel, dans la tradition biblique et dans les vocabulaires antiques, c’est la réalité invisible, parce que surnaturelle. Quand on dit Notre père qui est aux cieux, on dit « notre père qui est présent d’une manière que l’on ne peut pas voir ». Dans la bible, les concepts n’existent pas. La culture biblique désigne donc ce lieu invisible par un terme spécifique, parce que on ne peut pas le désigner par un concept et on va appeler ça le ciel ou les cieux. (Je ne m’étends pas sur la différence entre singulier et pluriel ici)

Donc voilà, Marie monte au ciel, ça veut dire Marie bascule dans la gloire, Marie bascule dans l’amour.

De même, Jésus Monte au ciel aussi, mais Jésus, lui, est le fils de Dieu, il monte d’une manière qui est différente, il monte pour régner, pour juger, parce qu’il est le fils de Dieu, il est mort et ressuscité.

Ils nous disent tous les deux quelque chose de notre vocation humaine. L’Assomption nous invite à engager notre liberté dans le bien (Avec Lui !), pour que notre existence toute entière soit peu à peu assumée dans l’Amour. L’Ascension nous dit quelque chose de la résurrection de la chair. Jésus a connu la mort puis la résurrection. Il en sera de même pour nous, par Lui et en Lui.

L’Assomption : deux textes de référence. 

« Par l’autorité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul, et par Notre propre autorité, Nous prononçons, déclarons, et définissons comme un dogme divinement révélé que l’Immaculée Mère de Dieu, la Vierge Marie, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire céleste »

— Constitution dogmatique Munificentissimus Deus, § 44

« Enfin, la Vierge immaculée, préservée de toute tache de la faute originelle, au terme de sa vie terrestre, fut élevée à la gloire du ciel en son âme et en son corps et elle fut exaltée par le Seigneur comme Reine de l’univers afin de ressembler plus parfaitement à son Fils, Seigneur des seigneurs et vainqueur du péché et de la mort. »

— Constitution dogmatique Lumen Gentium sur l’Église, § 59

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